L'ACA a le plaisir de vous présenter
le premier numéro du JCA en accès libre
Numéro thématique :
« Unsettling Archaeology »
rédactrices invitées: Lisa Hodgetts et Laura Kelvin
Laura Kelvin1 and Lisa Hodgetts2
In this introduction to the special issue, we examine some of the ways that settler colonialism permeates archaeology in Canada and argue for unsettling approaches to archaeology. Archaeology is a product of and remains a tool for settler colonialism, often oppressing both people of the past and people in the present, especially Indigenous People, Black People, People of Colour, and LGBTQ2S+ community members. We call for unsettling research paradigms, which aim to disrupt the settler colonial foundations that continue to permeate archaeological work and ensure that it benefits only a select few. Unsettling approaches target not only the work we do as archaeologists, but also the structures our work operates through, including universities, museums, different levels of government, and heritage policy and legislation governing private sector archaeology. They require us to acknowledge and confront our relationships to settler colonialism and the ways we participate in it, in all aspects of our lives. Unsettling paradigms play out differently within each project and for each participant, depending on individuals’ unique relationships to settler colonialism, their own experiences, and the context. As illustrated in the papers in this special issue, they encompass themes of truth, listening, learning, feeling, relinquishing control, and building strong futures. To move towards an archaeology that is anti-colonial, anti-racist, and anti-mysogynist, we must address the deeply embedded colonialism, racism, and misogyny in Canadian settler colonial structures and society. We must start by addressing them within ourselves and the institutions that govern and support our work. Because the unequal power relations within archaeology are so entrenched and pervasive, change may come slowly. It will involve long-term commitment to an ongoing cycle of learning, feeling (particularly when we feel uncomfortable), questioning, and most importantly, acting.
Dans cette introduction à ce numéro spécial, nous examinons certaines des façons dont la colonie de peuplement imprègne l’archéologie au Canada et nous en appelons à une déstabilisation des approches typique dans le milieu de l’archéologie. L’archéologie est un produit et demeure un outil du colonialisme de peuplement opprimant à la fois les gens du passé et les gens du présent, en particulier les peuples autochtones, les Noirs, les gens de couleur et les membres de la communauté LGBTQ2S+. Nous réclamons des paradigmes de recherche déstabilisants qui visent à perturber les fondations de la colonie de peuplement, une fondation qui continue d’imprégner le travail archéologique, et à faire en sorte que celui-ci ne profite qu’à quelques privilégiés. Ces approches déstabilisantes ne visent pas seulement le travail que nous faisons en tant qu’archéologues, mais aussi les structures par lesquelles notre travail fonctionne, notamment les universités, les musées, les différents niveaux de gouvernement, ainsi que la politique du patrimoine et la législation régissant l’archéologie du secteur privé. Elles nous obligent à reconnaître et à confronter nos relations avec la colonie de peuplement et les façons dont nous y participons, dans tous les aspects de notre vie. Les paradigmes déstabilisants varient au sein de chaque projet et pour chaque participant, en fonction des relations uniques des individus avec la colonie de peuplement, de leurs propres expériences et du contexte. Comme l’illustrent les articles de ce numéro spécial, elles englobent les thèmes de la vérité, de l’écoute, de l’apprentissage, des sentiments, de l’abandon du contrôle et de la construction d’un avenir solide. Pour évoluer vers une archéologie anticoloniale, antiraciste et anti-misogyne, nous devons répondre au colonialisme, au racisme et à la misogynie qui sont profondément ancrés dans les structures coloniales et dans la société canadienne. Nous devons commencer par les aborder en nous-mêmes et au sein des institutions qui gouvernent et soutiennent notre travail. Puisque les relations inégales de pouvoir au sein de l’archéologie sont tellement ancrées et omniprésentes, le changement se fera lentement. Il impliquera un engagement à long terme dans un cycle continu d’apprentissage, de sentiment (en particulier lorsque nous nous sentons mal à l’aise), de remise en question et, surtout, d’action.
Lisa Hodgetts1, Kisha Supernant2, Natasha Lyons3, and John R. Welch4
The #MeToo movement has turned global attention to structural power differentials grounded in gender, race, sexual orientation, and other aspects of identity, leading archaeologists to confront injustice in different sectors of our discipline, with a focus on sexual harassment and sexual assault. In 2019, the Canadian Archaeological Association’s Working Group on Equity and Diversity conducted a survey of Canadian archaeologists to identify the extent of both sexualized and non-sexualized forms of discrimination, exploitation, harassment, and violence in our field. Our survey yielded 564 responses from archaeologists representing a wide range of genders, ages, career stages, and sectors. The results indicate a large portion of Canadian archaeologists have had negative experiences in the course of their work and study. This first stage of analysis focuses on demographic trends among survey respondents and noteworthy differences in their experiences based on gender, career stage, and participation in the academic or cultural resource management sector.
Le mouvement #MeToo a attiré l’attention mondiale sur les écarts de pouvoir structurels fondés sur le sexe, la race, l’orientation sexuelle et d’autres aspects de l’identité, ce qui a amené les archéologues à faire face à l’injustice dans différents secteurs de notre discipline, en mettant l’accent sur le harcèlement sexuel et les agressions sexuelles. En 2019, le Groupe de travail sur l’équité et la diversité de l’Association archéologique canadienne a mené une enquête auprès d’archéologues canadiens afin d’identifier l’étendue des formes de discrimination, d’exploitation, de harcèlement et de violence sexualisés et non sexualisés dans notre domaine. Notre enquête a reçu 564 réponses d’archéologues représentant un large éventail de sexes, d’âges, de stade de carrière et de secteurs. Les résultats indiquent qu’une grande partie des archéologues canadiens ont eu des expériences négatives au cours de leurs travaux et de leurs études. Cette première étape de l’analyse met l’accent sur les tendances démographiques chez les répondants à l’enquête et les différences notables dans leurs expériences fondées sur le sexe, le stade de carrière et la participation au secteur académique ou de la gestion des ressources culturelles.
Joshua Dent1
Is archaeology of service beyond archaeologists? Part of a Mitacs Elevate Postdoctoral Fellowship developed in conjunction with Sustainable Archaeology at Western University and Timmins Martelle Heritage Consultants Inc., the Research Portal (www.insituated.com/research-portal) is a web-based platform capable of soliciting and communicating community-sourced research to potential academic partners. Designed to augment local capacities, foster relationships, and achieve socially meaningful and disseminated academic outcomes, the Portal inverts conventional community-based research conception. Non-academic organizations outline research objectives to which academic partners adapt or design research. Originally conceived to assist commercial archaeologists in promoting additional research related to commercial projects, the Portal’s pilot implementation quickly expanded to include other heritage communities, including Indigenous communities, not-for-profits, and a municipal government. Demand for the inclusion of additional research sectors outside of heritage suggests that this archaeology-based initiative may have wider implications. This paper explores representations of conventional collaboration, and the presumptions and promise of a more service-oriented and community-driven academic mandate.
Les archéologues sont-ils capables de pratiquer une archéologie de service? Dans le cadre d’une bourse postdoctorale Mitacs Élévation en partenariat avec Sustainable Archaeology, l’Université de Western et Timmins Martelle Heritage Consultants Inc., le Portail de Recherche (www.insituated.com/research-portal) constitue une plateforme permettant la mise en ligne et la diffusion, à destination du monde académique, de projets de recherche d’initiative communautaire. Ce portail, conçu pour encourager les initiatives locales, développer les partenariats et encourager l’aboutissement et la diffusion de projets de recherche ayant une portée sociale, bouscule l’approche conventionnelle sur les projets de recherche communautaires. Il encourage les partenaires universitaires à adapter et concevoir la recherche en fonction des objectifs définis par des organisations non-académiques. Créé, à l’origine, comme un outil permettant d’aider les archéologues à promouvoir les recherches liées aux projets commerciaux, le pilote du Portail s’est rapidement enrichi pour inclure d’autres communautés liées au patrimoine, des Premières Nations, des associations à but non lucratif et une municipalité. Et ce projet à l’initiative de la communauté archéologique pourrait avoir de plus larges répercussions, comme le suggère la demande croissante d’inclure d’autres secteurs de recherche, en dehors du patrimoine. Cet article explore les représentations des partenariats conventionnels, ainsi que les ambitions et les promesses que pourraient offrir une recherche académique plus axée sur le service et à l’écoute de la communauté.
Michelle Tari Davies1
The Hebron Family Archaeology Project is a multi-year project which works towards increasing our understanding of twentieth-century life in Hebron, a former Inuit community in northern Labrador whose residents (Hebronimiut) were forcibly relocated in 1959. The primary goal of the project is to provide opportunities for the residents of Hebron to return to their homeland and to record the stories and memories of Elders before they are lost. Based on the expressed interests of community members, the scope of research has shifted from household excavation to non-invasive archaeological recording methods, family-based interviews, and increasing accessibility. Project goals and methods are flexible in nature in order to suit the needs of the people I am trying to serve, and my role as a researcher has changed as a result. While these factors have unsettled the original goals of the project, ultimately, they have provided critical guiding lessons to develop an Inuit-driven narrative that will be relevant and accessible to present and future generations of Hebronimiut.
Le Projet d’archéologie familiale d’Hébron est un projet pluriannuel qui vise à accroître notre compréhension de la vie du XXe siècle à Hébron, une ancienne communauté inuite du nord du Labrador dont les résidents (Hébronimiut) ont été relogés de force en 1959. L’objectif principal du projet est d’offrir aux résidents d’Hébron l’occasion de retourner dans leur terre natale et d’enregistrer les histoires et les souvenirs des aînés avant qu’ils ne soient perdus. Sur la base des intérêts exprimés des membres de la communauté, la portée de la recherche a été déplacée de l’excavation de foyers à des méthodes d’enregistrement archéologique non invasives, des entrevues familiales et une accessibilité accrue. Les objectifs et les méthodes du projet sont de nature flexible afin de répondre aux besoins des gens que j’essaie de servir et mon rôle de chercheur a changé en conséquence. Bien que ces facteurs aient déstabilisé les objectifs initiaux du projet, en fin de compte, ils ont fourni des orientations essentielles pour élaborer un récit dirigé par les Inuits qui sera pertinent et accessible aux générations présentes et futures d’Hébronimiut.
Laura Kelvin1, Emma Gilheany, Nicholas Flowers, Denver Edmunds, Mackenzie Frieda, Claire Igloliorte, Halle Lucy, and John Piercy
In this collaborative paper between university-based archaeologists and Nunatsiavummiut youth, we discuss our attempts to unsettle our research while working on community-oriented projects in Hopedale, Nunatsiavut, through the application of strength-based approaches. We outline the need for strength-based approaches for involving Nunatsiavummiut youth in archaeology and the ways we apply these approaches to Kelvin’s research project, the Agvituk Digital Archive Project, and Gilheany’s dissertation research on the recent history of Hopedale. We incorporate key aspects of these approaches, including: focusing on the whole person and recognizing their social context; actively involving participants in decisions; recognizing strengths and expertise of participants so that everyone is both a teacher and a learner; and encouraging experiences where group members can be successful. We argue that an unsettled, strength-based approach necessitates a future-oriented archaeology.
Dans cet article produit en collaboration par des archéologues rattachés à l’université et des jeunes Nunatsiavummiuts, nous discutons de nos tentatives visant à déstabiliser notre recherche tout en travaillant sur des projets communautaires à Hopedale, Nunatsiavut. Nous mettons l’accent sur la nécessité d’adopter des approches axées sur les points forts pour faire participer les jeunes Nunatsiavummiuts à l’archéologie ainsi que sur les manières dont nous appliquons ces approches au projet de recherche de Laura Kelvin—le projet d’archives numériques Agvituk—et la recherche de dissertation d’Emma Gilheany portant sur l’histoire récente de Hopedale. Nous incorporons des aspects-clés de ces approches, notamment : nous concentrer sur la personne dans son ensemble et reconnaître son contexte social; faire en sorte que les participants jouent un rôle actif dans la prise de décisions; reconnaître les points forts et l’expertise des participants afin que tous soient à la fois enseignants et apprenants; et encourager des expériences pour lesquelles les membres du groupe sont susceptibles de réussir. Nous soutenons qu’une approche déstabilisée axée sur les points forts nécessite une archéologie orientée vers l’avenir.
Tâpsuminga ikajuttigegijaujumut allakkasâjammik, akungani ilinnivitsuamit-ilinganiKajuk itsasuanittaligijiujunut ammalu Nunatsiavut inosittunginnut, uKâlautiKavugut piniannigigasuattatinnik pijagegasuagiamut Kaujisajattinik suliaKatilluta nunalinni-ilinganiKajunut sulianginnik Hopedale, Nunatsiavummi, taikkutigona ottugautikkut sangijottisigasuagiamut-ilinganiKajunut piniannigigasuattatinnik. Allasimavugut atugialittinik sangijottisigasuagiamut-ilinganiKajunut piniannitinik ilautitsigiamut Nunatsiavut inosittunik itsasuanittaliginimmiut ammalu Kanuk tamakkuninga ilisigajammangâtta pinianisanik taipsumunga Kelvin-iup Kaujisajamminik sulianganut, tânna Agvituk Kagitaujannut ilijaumajut Piulimajaujunut Suliangujuk, ammalu Gilheany-iup ilinniagutigijangata nalunaikkutattâgiamut Kaujisajamminik ilinganiKajumut taimangasuaniusimajuk Hopedale-imi ilinganiKajumut. Ilisisimavugut atuniKatsiatunut takunnâtaujunut taikkuninga pinianniujunut, ilautillugit: takunnâlugit iluingajumut inummut ammalu ilitatsilugit ilonnanginnik inosingita pitagijanginnik; ilautitsiluni ilauKataujunik kajusiutiliutillugit, ilitatsilutik sangijojunik ammalu ilisimallagijunut ilauKataujunut imailinganiammat tamâgik ilinniatitsijiuniammata ammalu ilinnialutillu; ammalu pikKujigasualluni atujangit ilonnatik katingaKatigejut ilaliutilet kajusitsiaKullugit. kiumajiutiKavugut pijagettausimangituk, sangijuk-ilinganiKajuk piniannik atuttaugialet sivunittini-Kaujimagettunillu itsasuanittaliginimmik.
Farid Rahemtulla1
In this paper, Unsettling Archaeology refers to improving how we as archaeologists work with Indigenous communities on their heritage. A fundamental part of this process involves how we train students, and the archaeology field school provides a perfect vehicle in which to explore new avenues. Since 2000, the University of Northern British Columbia has partnered with a number of Indigenous communities on the coast and in the interior of British Columbia, to deliver 13 field schools in various locations. A key pillar of the field school model is the integration and weaving of traditional knowledge taught by community members, and a science-based approach to field methods, taught by university staff. This paper describes the initial field school model and highlights problems and successes with implementation.
Le titre de cet article, « Unsettling Archaeology » (Décoloniser l’archéologie), fait référence à la façon dont nous, les archéologues, travaillons avec les communautés autochtones au sujet de leur héritage. Une partie essentielle de ce processus implique la manière dont nous enseignons aux étudiants. À ce sujet, l’école de fouilles constitue un contexte idéal afin d’explorer de nouvelles possibilités. Depuis 2000, l’Université du Nord de la Colombie-Britannique a travaillé en partenariat avec de nombreuses communautés autochtones, sur la côte et à l’intérieur des terres de la Colombie-Britannique, dans le but d’offrir treize écoles de fouilles à divers endroits. Un des éléments clés du modèle des écoles de fouilles est l’intégration et le tissage du savoir traditionnel (traditional knowledge) enseigné par les membres de la communauté, ainsi que l’approche scientifique des méthodes de terrain enseignées par des employés de l’université. Le modèle initial des écoles de fouilles est décrit, et les problèmes et succès associés avec celui-ci sont mis de l’avant dans le texte.
Danii Desmarais1
This article is a narrative of the challenges I have experienced as a white-passing Indigenous scholar. I discuss my conscious decision to conceal my Indigenous heritage during my undergraduate education due to subtle and overt forms of marginalization. I also examine the role of the Truth and Reconciliation Commission and some community engagement experiences that inspired me to proudly divulge my Indigenous identity during my graduate career. My personal narrative highlights some of the issues that exist for Indigenous peoples studying in a colonial setting. I share how I have coped with these challenges by engaging with my culture, and the Indigenous teachings I have received. It is my hope that my Truth will encourage fellow archaeologists to reflect on their own experiences of marginalization, complacency, and/or culpability so that we can work together and move toward Reconciliation in a good way.
Cet article est un récit des défis que j’ai rencontrés en tant qu’universitaire indigène pouvant passer pour une Caucasienne. Je discute de ma décision consciente de cacher mon héritage indigène pendant mes études de premier cycle en raison de formes subtiles et manifestes de marginalisation. J’examine également le rôle de la Commission de vérité et réconciliation et certaines expériences d’engagement communautaire qui m’ont inspiré à divulguer fièrement mon identité indigène pendant mes études aux cycles supérieurs. Mon récit personnel met en évidence certains des problèmes qui existent pour les peuples indigènes qui étudient dans un contexte colonial. Je partage comment j’ai fait face à ces défis en m’engageant dans ma culture et les enseignements indigènes que j’ai reçus. J’espère que ma vérité encouragera mes collègues archéologues à réfléchir sur leurs propres expériences de marginalisation, de complaisance ou de culpabilité afin que nous puissions travailler ensemble et progresser vers la réconciliation de la bonne façon.
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Le Journal canadien d'archéologie est publiée de l'Association canadienne d'archéologie.
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ISSN: 0705-2006 (print)
ISSN: 2816-2293 (online)